Non, une requête sur cinq n’est pas vocale

Par  le 17 janvier 2018 - 12:06 dans

Un chiffre est très souvent cité au sujet de la recherche vocale : 20% des recherches seraient réalisées à la voix, et c’est Google qui l’aurait dit. Le problème, c’est que c’est faux. On pouvait s’en douter, car le chiffre paraît démesuré par rapport à ce que l’on peut observer autour de nous. La recherche vocale progresse et gagne en importance, certes, mais n’a pas encore un tel poids.

Ce que Google a vraiment dit

En fait, ce qui est vrai, c’est que Sundar Pichai, le CEO de Google, a annoncé sur scène, lors d’un Google I/O qu’une recherche sur cinq était vocale…aux Etats-Unis, et sur l’app Google sur Android (sources : ici et ). C’est déjà autre chose. Cela concerne un volume total de requêtes beaucoup plus faible, car cette app Google n’est pas utilisée lors d’une recherche sur Desktop… ni même sur les navigateurs sur mobile. Bref, il s’agit d’une requête sur cinq, mais sur un nombre très réduit de requêtes.

Dernière précision utile : ce chiffre a été annoncé… il y a plus d’un an et demi, en mai 2016. Autant dire qu’il est obsolète.

Sundar Pichai, le CEO de Google à Google I/O 2016

Sundar Pichai, le CEO de Google, annonçant le lancement de Google Assistant et de Google Home, deux produits gérant requêtes et commandes vocales, lors de Google I/O en mai 2016.

Google ne s’est jamais montré plus précis. Interrogé par nos soins à ce sujet, Google n’a pas daigné brandir un autre chiffre depuis : ni un chiffre concernant la France, ni un chiffre plus récent. La part réelle de requêtes vocales sur l’ensemble des requêtes (incluant celles réalisées sur les navigateurs) n’a jamais été communiquée non plus, que ce soit en France ou dans le monde. Peut-être parce que ces chiffres sont pour l’instant très faibles.

Attention, cela ne veut pas dire que la recherche vocale ne prend pas de l’ampleur, car elle est clairement en plein essor. Et sa popularité a fait un bond ces dernières semaines.

Google Home, cadeau star de la Noël 2017

Google peut déjà traiter commandes et recherches vocales sur les smartphones grâce à son Assistant. Mais ce sont aussi ses enceintes connectées, les Google Home, qui doivent permettre de populariser ces commandes et recherches vocales.

Profitant de l’absence de concurrence en France (l’enceinte Echo d’Amazon ne parle pas encore français), Google s’est offert une belle diffusion de son spot publicitaire vantant les mérites de Google Home avant les fêtes. La version mini de Google Home, habituellement proposée à 60 euros, était même carrément gratuite dans de nombreuses enseignes si un certain montant était dépensé.

Là encore, pas de chiffre officiel, mais il y a fort à parier que Google Home a cartonné et s’est souvent retrouvé sous le sapin. D’ailleurs, preuve de ce succès, l’application Google Home, qui doit être installée pour configurer les enceintes (et d’autres appareils connectés) de Google s’est retrouvée propulsée au sommet des classements de popularité de la boutique d’application d’Android. En France, le 26 décembre, elle s’est même retrouvée dans le top 10 des apps les plus téléchargées…

Comme le montre le classement ci-dessous réalisé par le spécialiste App Annie, l’app Google Home a même été la plus téléchargée (rang 1) dans le classement général dans trois pays : Canada, Suède et Australie. Elle s’est hissée dans le TOP 10 dans 11 pays, dont la France. A chaque fois, son rang le plus haut a été atteint juste après Noel.

Google Home - classement App Annie

Le classement App Annie montre le nombre de pays dans lesquels l’app Google Home a été la plus téléchargée ( « rang 1 ») ou parmi les plus téléchargées (« rang 5 », « rang 10 »…) et la date à laquelle le rang le plus haut a été atteint. Visiblement, de nombreux foyers ont pu découvrir la recherche vocale à Noël…

Dans ce contexte, pas besoin de communication officielle de Google pour être sûr que le nombre de recherches vocales a sensiblement augmenté après les fêtes. Reste à voir l’ampleur que prendra durablement le phénomène.Il faudra le suivre de près dans les mois qui viennent. Car si un jour, une requête sur cinq est vocale, le SEO (et le SEA) pourrait en être considérablement affecté.

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3 commentaires
Yohann 17 janvier 2018 - 14:10 - Répondre

Bonjour,
Merci pour cette précision car il est vrai que le prisme de la recherche vocale est énorme.
Google home ne persera pas pour différentes raisons, la principale à mes yeux étant que 30 à 40% des internautes ont un adblockers donc pensez-vous que ces personnes seront ok pour laisser ce genre d’outils chez eux ? Et perso, je n’ai pas de adblockers mais hors de question d’avoir un Google home chez moi…
Bref, un truc à faire parler pour 2% de la population ?
Sans parler du business modèle de Google car avec la Home (1 seul résultat), quid du SEA principale source de revenu ?

Cristina Camodeca 02 février 2018 - 11:23 - Répondre

Merci pour votre commentaire et intérêt.
Il est toujours difficile de prévoir le succès d’une technologie. Google a souvent réussi avec les siennes, mais a aussi échoué (Google Glass, Google +…). Bien malin celui qui prédira donc avec justesse la popularité de Google Home.
Certes de nombreux internautes ont un adblock – mais bon nombre d’entre eux effectuent aussi leurs recherches sur Google, ou utilisent les produits Google… Enfin quant à la monétisation, Google reste avant tout une régie, donc faisons lui confiance pour trouver un business model intéressant avec Google Home, et sans doute basé sur des données personnelles liée à l’utilisation de Google Home…

Jérôme Petit 17 janvier 2018 - 19:25 - Répondre

Les statistiques qui ne s’appuient sur des données en provenance …des États unis, c’était déjà monnaie courante. Mais la cela réunit beaucoup trop de facteurs pour être cohérent